
Dans un univers digital ultra saturé par le format vidéo, au point d’engendrer de l’addiction… il est plus que temps de redevenir intentionnel et de diversifier notre « consommation » de média. Là où les réseaux sociaux sont devenus un terrain de chasse pour l’attention, un blog offre un espace dédié qui invite à marquer une pause, sans autre brouhaha sinon le flux de vos propres réflexions.
Personnellement, je suis nostalgique de cette époque où l’authenticité, la créativité ainsi que la liberté d’expression n’étaient pas soumises aux statistiques et aux algorithmes des différentes plateformes. Et c’est sans compter le muselage de certains sujets afférents par exemple à la santé mentale, aux violences faites aux femmes et aux minorités ainsi que l’invisibilisation des conflits qui ne surviennent pas en Occident.
À ce stade, la censure sur TikTok est simplement omniprésente. Quant au groupe Meta, les derniers changements dans leur politique ne laissent aucun doute quant à leurs pratiques prédatrices, la collecte et la monétisation de vos données ainsi que l’appropriation du contenu des créateurs afin de nourrir leur IA. Sans oublier la manipulation de ce à quoi vous êtes exposés ou non, en termes de publications et de commentaires, afin de vous maintenir engagé et de ne pas contrarier vos opinions.
Et je ne sais pas vous mais j’éprouve une profonde fatigue face à la surperformance du bonheur constant et des styles de vie majoritairement déconnectés du commun des mortels. Ce qui est terrible, c’est qu’à l’ère de la communication, on est d’autant plus déconnectés. Alors que ce qui nous anime le plus en tant qu’êtres humains, c’est partager nos expériences pour mieux nous comprendre, ce besoin de connexion.
Certes, tous les créateurs ne deviennent pas une vitrine pour la « van life » ou un catalogue d’achat « Sephora » et d’ailleurs, il n’y a rien de fondamentalement mal avec ça… mais personnellement, j’ai besoin de plus de substance. Hélas, les plateformes mettent majoritairement ce type de contenu, c’est-à-dire celui qui va vous pousser à consommer. En effet, pourquoi se vanter des bienfaits de tel ou tel produit sur une affiche placardée sur le quai de la gare lorsque vous avez les yeux rivés sur votre téléphone et qu’une starlette de la dernière série à succès de Netflix, vous convaincra bien mieux ? Merci le capital sympathie.
Je ne suis pas naïve et je pense que beaucoup ne sont pas dupes quant au fait qu’on les pousse à dépenser aussi bien leur argent que leur temps… Pour moi, le dernier est sans doute le pire des deux. Car si on peut toujours faire de l’argent, le temps, une fois passé, est épuisé pour de bon. Alors ne vous inquiétez pas, je suis comme tout le monde, j’ai des séances de « scrolling » parfois même abyssales comme tout le monde.
À aucun moment, je ne me prétendrai au-dessus de ça. Ayant un iPhone, je suis rappelée à ma condition de pigeon une fois par semaine lorsque je reçois mon rapport hebdomadaire de temps d’écran. L’envie de me gifler est bien réelle. C’est un cercle vicieux et bien que j’aie mis en place certains garde-fous, on est loin d’un temps d’écran que l’on puisse qualifier de raisonnable.
Et en évoquant tout ceci avec vous, c’est justement pour vous démontrer que je ne suis pas là pour vous donner une image lisse de ma personne. Au contraire. Mon objectif, c’est de partager le bon comme le moins bon, mes victoires réjouissantes comme mes fiascos les plus retentissants.
Je ne suis pas là pour vendre quelque chose ni même vous « pousser » à interagir en laissant un commentaire ou en partageant cet article autour de vous. Naturellement, ça me ferait très plaisir car j’ai cette volonté d’échange. Mais je sais aussi me satisfaire en appréciant simplement le processus d’écriture et que cela offrira à celles et ceux – ainsi qu’aux entre-deux – matière à réfléchir voire même que cela donnera lieu à des conversations intéressantes.
Du coup, je préfère parier sur le fait de booster votre sérotonine. Car contrairement à TikTok et Insta, je n’ai pas d’IA shootée aux stéroïdes pour stimuler votre dopamine.